TRANSLATION TO COME - La force tranquille

Ewen, comme son nom l'indique, est un surfeur breton. Il fait partie avec ses amis Aurélien et Ronan de Lost in the Swell, des aventuriers dont nous suivons les périples de près depuis plusieurs années.

Il est chevronné sur sa planche et ne déclare jamais forfait, il est le pêcheur de l'équipe et ramène à manger quand la disette point. C'est le pragmatique, le terre-à-terre, le copain sûr.



Tu as eu des soucis de santé au retour de votre première aventure, comment vous avez préparé celle-ci ?

Cette fois, nous avons voulu mettre toutes les chances de notre côté. Pour cela on a contacté Nicolas Bourseul, un naturopathe de Toulouse. Il nous a donné quelques tuyaux afin d'optimiser notre corps et notre nourriture, il nous a aussi conseillé de prendre de la spiruline en complément alimentaire.


C'était ta première fois en Afrique ? Le choc a été important ?

C'était la troisième fois pour moi, j'ai eu la chance d'aller en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Le choc le plus important est le choc thermique, ensuite c'est un plaisir de rencontrer la population, de visiter le Gabon et ses forêts primaires.




Tu avais une idée de ce qui vous attendait ?

Oui, car on s'est beaucoup renseignés sur le pays, nous avions une image de nature sauvage et préservée, nous n'avons pas été déçu ; sauf par les quantités de plastique rencontrées tout le long du littoral.
 
 
« Je vous certifie que cette scène
n'a pas été tournée sur fond vert ! »
 

Concernant le quotidien, c'est beaucoup d'abnégation, du danger et un milieu hostile, comment on peut avoir envie de surfer ? Où tu puises l'énergie pour monter sur ta planche ?

Nous avons préparé ce périple pendant plus d'un an, il y a eu beaucoup de temps et d'énergie avant même de parvenir au Gabon. Une fois sur place, c'était déjà un accomplissement d'y être. Le reste faisait partie d'un rêve que nous étions en train de réaliser, je pense que notre énergie venait en grande partie de là.


La séquence de l'éléphant qui te charge est très impressionnante, tu nous certifies
que c'était vrai ?!


Haha oui ! Là, pour le coup, je n'ai pas rêvé et je vous certifie que cette scène n'a pas été tournée sur fond vert !


Tu semblais particulièrement choqué, qu'est-ce qu'on ressent dans un tel moment ?

C'était vraiment très rapide et soudain comme charge, comme vous avez pu le voir j'ai mis de longues secondes avant de réaliser qu'un pachyderme de plusieurs tonnes était en train de me foncer dessus.

On avait roulé plus de huit heures ce jour-là, nous étions dans un état second, d'où ma léthargie ! Après coup, mes jambes tremblaient encore plus qu'avant la charge, le rush d'adrénaline m'a maintenu bien plus aux aguets par la suite, et heureusement vu qu'on s'est fait charger encore deux fois !




Aurélien et toi sembliez déçus par rapport au surf, mais en tant que spectateur c'était chouette. C'était vraiment pas agréable ?

Le problème n'était pas tant la qualité des vagues, mais plutôt la fréquence et les efforts à fournir pour y parvenir. Nous avons souvent roulé plusieurs jours ou semaines sans mettre le pied dans l'eau, chose à laquelle nous ne sommes pas habitués en France.

Et une fois dans l'eau, il fallait encore ramer pendant des heures pour espérer surfer quelques vagues, donc c'est beaucoup d'effort pour très peu de réconfort !


Tu es pécheur, proche de l'environnement ; une Afrique autant polluée, c'est quelque chose que tu imaginais ?

Je suis écolo, malgré moi, et je crois si tout allait dans le bon sens et que l'on vivait en harmonie avec notre planète, la question ne se poserait pas !

Malheureusement, je n'ai pas attendu d'aller visiter l'Afrique pour constater la pollution. J'ai déjà observé des scènes similaires en France, avec des plages recouvertes de déchets sur des kilomètres. La différence est que des tracteurs viennent les récupérer tôt le matin. C'est un problème global, tout le monde est concerné et doit agir.




Après plusieurs mois au Gabon, le retour à une vie calme, ça se passe comment ?

Il y a du pour et du contre. C'est agréable de retrouver le confort, nos familles et les amis, de ne plus être sur le qui-vive et de pouvoir dormir d'une traite, sans se réveiller toute les deux heures pour alimenter le feu.

Par contre, fini l'aventure, fini les heures immergés en pleine nature, loin de nos ordinateurs et des supermarchés. C'est vrai que j'éprouve comme un manque de découvertes, d’inattendus... Et c'est bien pour ça que l'on ne s'arrêtera pas là !