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En terre inconnue


Tito Tomasi est allé au Maroc, et nous a ramené une vidéo. On a souhaité en savoir plus sur la raison pour laquelle il a souhaité aller dans ce pays, qui n'est pas très loin de chez lui et qu'il n'avait jamais visité. 


Pourquoi as-tu choisi le Maroc comme destination pour cette nouvelle aventure ?

Le Maroc m'a toujours attiré pour son relief, sa culture et ses vagues. Bizarrement j'attendais depuis un moment une opportunité pour y aller, alors que d'habitude je prends des décisions assez vite. Ça s'est débloqué en réfléchissant à un road trip, et comme cet hiver il y avait peu de neige, j'ai sauté sur l'occasion.


Quels sont les premières choses que tu as remarquées en arrivant ?

La première chose qui marque c'est la conduite ! Surtout en arrivant en camion. Faut se détendre et ça va bien se passer !

Plus sérieusement, j'ai aimé l'atmosphère qui règne dans les villages peu touristiques, les gosses sont partout, les soirées sont animées, les gens vont à plage entre amis et en famille.

Tout le monde semble vivre sa vie en respectant les traditions, certains en djellaba d'autres non, la prière pour les uns mais pas pour toi. C'était intéressant.

Dans les montagnes la vie est plus rude, on voit beaucoup de gens sur les sentiers avec des bêtes ou qui travaillent dans les champs. C'est paisible, et les gens ont le sourire quand j'arrive à vélo. C'est super pour les rencontres !




Est-ce que l'art est visible dans la rue, il semble que le street art arrive au Maghreb...

On sent bien que ça pousse fort. Dans le milieu surf on trouve du graffiti et de la peinture. Ça et là dans Casa(blanca) ou Marrakech, le street art se pointe pour égayer les quartiers avec des messages et des couleurs.

Mais quand j'ai voulu lancer l'initiative de peindre avec les enfants ce fut plusieurs fois compliqué. Les mentalités ne se sont pas encore libérées sur la question du street art. Ça va évoluer, c'est certains. Ça reste un pays traditionnellement religieux et classique, avec son langage et ses codes visuels.

 
« J'ai adoré ce choc des cultures,
et pourtant le Maroc c'est pas très loin ! »


Comment ça se passe quand tu arrives dans un village reculé, avec ton vélo, ils te prennent pour un fou ? un voyageur ?

Rouler sur les sentiers de l'Atlas n'est pas très commun, alors chaque personne croisée me salue et sourit. Ça met une belle ambiance. C'est en arrivant dans les villages que c'est le plus sympa, avec les enfants toujours curieux. Ils veulent essayer, rigoler, comprendre. Ça laisse de beaux souvenirs.

Quand ils comprennent que je viens de passer des cols à plus de 3200 mètres d'altitude dans la neige, là ils me prennent un peu pour un fou. Mais les Berbères sont des gens forts et authentiques, les cols ils connaissent bien.


Comment est l'accueil ?

L'accueil est toujours bon, en plus beaucoup parlent français. Sinon avec quelques mots d'arabe on arrive à briser la glace et la conversation commence.

Je prends toujours un duvet, c'est plus simple. Sinon des fois c'est plus dur de dormir chez l'habitant, par contre maintenant il y a un petit gîte dans quasiment tous les villages. Ils ont l'habitude de voir passer des marcheurs et aiment leur montrer leur culture. Donc thé à la menthe, miel, pain blanc et beurre à peine arrivé. Le régime parfait après une journée en montagne !


Quel types de décisions on prend en rentrant d'un tel voyage, ce qui change dans la perception de la vie ?

Il y a deux choses, déjà le voyage en itinérance à vélo, et visiter un pays comme le Maroc.

Premièrement, pendant un périple, et qui plus est en solo, il faut prendre des décisions rapidement, rester au clair sur l'orientation et se manager. L'Atlas est une chaîne de montagnes incroyable mais elle est aussi immense et rude.

Deuxièmement, voyager au Maroc dans les zones pauvres des montagnes n'est pas toujours rose. On y voit des conditions de vie difficiles et des gens qui n'ont pas grand chose. Dans ces moment, je recherche aussi ça : se déconnecter, observer et se contenter. En se confrontant à différentes cultures on apprend toujours.

Ce fut un beau voyage, et sûrement pas le dernier, tant c'est un pays qui incite à l'aventure. J'ai adoré ce choc des cultures, et pourtant le Maroc n'est pas très loin !