Pas facile de sortir les vers du nez de Charlie Philippon. Peintre notoire de la côte basque de notre beau pays, Charlie n'est pas très à l'aise pour parler de son art. Un art populaire et pop, qui reprend les codes du collage, lorgne sur le travail de Errò et fait un sacré mélange d'images qui nous submergent quotidiennement.

Charlie les choisit, les met au goût du jour, les façonne, et parfois il va surfer pour se remettre les idées en place.

 

* Vous reprenez des logos de marques, des héros de BD, quel est votre rapport à la culture populaire ?

Je suis fan de culture populaire. Ma génération a grandi avec les dessins animés mangas comme Goldorak, Albator et Candy, puis les BD européennes - Gotlieb, Franck Margerin... - et les comics américains, je n'en suis pas sorti indemne. Sinon, mon musée préféré est le musée international des Arts Modestes à Sète. 

* Ce que vous peignez, c'est lié à l'actualité ou à "votre" actualité ?

Les deux... Comme une série en photo, tous les éléments d'une image - couleur, composition, sens...- ont leur importance et leur hiérarchie dans le choix et l'association. Tu écoutes de la musique ou la radio, regardes un film ou une série, rencontres un touriste qui s'essaie au surf, ça t'influence, compose ton monde. Je travaille instinctivement, intuitivement. Je parle de l'actualité et de mon actualité, et l'association couleurs/forme/sens que j'utilise, traduit cela.



 

"Pour la technique, je te conseille de ne pas mettre
tes chaussettes à la place de ton slip."

* Comment fait-on cohabiter ce petit monde de marques et de personnages ?

Comme pour un rencard, tu essaies d'accorder tes chaussettes avec ton slip. Là, c'est pareil, tu fais cohabiter les deux visuellement. Pour la technique, je te conseille de ne pas mettre tes chaussettes à la place de ton slip.

* Quel serait votre message à travers vos toiles, ce que vous avez envie de transmettre ?

Je traduis une vision graphique, (in)esthétique du monde. Un énorme melting-pot où toutes les cultures, formes, langages se transforment, se confondent et se confrontent. Je vois mes toiles comme des peintures abstraites, des natures mortes du monde contemporain.

* Le surf est aussi une partie de votre vie, on peut faire un parallèle avec la peinture, ou ce sont deux activités différentes ?

Je ne vais jamais surfer en slip et en chaussettes. Ce sont deux activités différentes mais complémentaires.

* Le peintre Errò est l'un des premiers à avoir fait des collages avec des héros de la pop culture, quel rapport entretenez-vous avec son œuvre ?

Les artistes du Pop art ont rendu l'art contemporain plus accessible. Je suis admiratif des artistes de la figuration narrative, toujours d'actualité après 50 ans, et de la figuration libre - Combas, di Rosa... - pour leur créativité et leur spontanéité. Je reste marqué par une exposition de grands formats de Warhol/Basquiat/Clemente présentée au musée Reina Sofia de Madrid. Une collaboration magnifique.

* De quelles façons vous procédez pour peindre ?

Je n'ai pas vraiment de recette, Je passe beaucoup de temps sur mes toiles, je laisse mûrir, je procède par superposition. Mais je peux dire que de se lever pour aller à l'atelier et de lâcher les Posca et les pinceaux pour aller surfer ou rentrer à la maison sont les décisions les plus rationnelles de mes journées, le reste se fait comme ça.

* Combien ça coûte pour avoir un Charlie Philippon au mur ?

Des toiles vendues chez Artcurial par un marchand d'art belge ont établi une cote à mon travail. Mes peintures ont été exposées en galerie avec des prix variables selon les lieux. Pour plus de transparence, et moins d'intermédiaires, j'ai créé Charlie don't surf! ma propre galerie à Biarritz, ouverte au public et sur rendez-vous. Vous saurez tout si vous y passez.


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