« J’ai toujours aimé la perspective de me perdre dans ma créativité. »


David Webb, Webby pour les intimes, est un touche-à-tout. Il est capable de dessiner sur une planche de surf au milieu d'une plage, faire une performance entouré de Roll-Royce ou imaginer une campagne de publicité pour de grandes marques. L'idée de découper à la main des faire-parts de mariage, assis confortablement dans le fauteuil de son bureau, ne lui fait pas peur non plus. C'est sa dyslexie qui lui fait prendre conscience que le dessin est une opportunité.

Parachuté au milieu des années 80, il a côtoyé Pac Man, Space Invaders et Spider-Man. Il a assisté aux balbutiements de la chaîne de télévision MTV. Cette lucarne sur le monde, au graphisme très coloré, l'a beaucoup inspiré. Aujourd'hui, son inspiration première, c'est sa petite fille qui voit le monde comme un immense terrain de jeux (sic). Il a opté pour cette vision optimiste de l'existence pour donner vie à ses traits.

   

* Bonjour, peux-tu te présenter pour commencer ?

Je m’appelle David Webb, et mes amis me surnomment Webby. J’ai 37 ans et je vis à Worcester, dans une petite ville d’Angleterre, au sud-ouest de Birmingham, avec ma jolie femme Sarah et ma jolie petite fille, Jenny. Je crois que j’ai toujours eu des capacités pour dessiner. À l’école, je passais mon temps à griffonner sur mes livres, ou je faisais des caricatures des profs, ce qui ne leur plaisait pas tout le temps. À l’âge de 17 ans, j’ai eu la chance d’être accepté à la prestigieuse Joe Kubert School of Cartoons and Graphic, aux États-Unis. Là-bas, j’ai pu suivre l’enseignement des plus grands noms de l’illustration, de la bande-dessinée et du dessin-animé.

Quand je suis retourné vivre en Angleterre, j’ai passé un examen d’illustration, et au bout de 3 ans, j’ai été contacté pour faire une campagne de pub pour la marque de vêtements RUN&FLY. Ensuite, j’ai dû jongler entre les études et mon travail d’illustrateur. Je fais des illustrations, et je participe à des événements ce qui me donne l’occasion de dessiner sur des supports différents, et parfois incongrus, pour des marques plus ou moins connues.

* Comment tu en es venu à choisir l’illustration ?

En fait, je suis dyslexique, donc je n’ai jamais été très bon pour écrire à l’école, mais je pouvais dessiner. Quand j’étais petit, je dessinais n’importe quoi, n’importe où. Quand je suis sorti de l’école, je n’avais qu’une qualification, c’était le dessin, donc je n’ai jamais vraiment douté que ce serait ce que je ferais dans la vie. J’ai toujours aimé la perspective de me perdre dans ma créativité. Je peux passer des jours entiers sur un projet et ne plus penser au temps qui passe. Je me sens privilégié avec ce travail, je suis payé pour ce que j’aime faire.






* Quel a été ton premier projet ?

Quand j’étais à la Kubert School, on nous a appris à utiliser de l’encre et des pinceaux, mais à la fin des années 90, j’ai commencé à travailler avec un ordinateur. C’est plus rapide, et aujourd’hui, 80% de ce que je fais l’est à l’aide de Photoshop. Mon premier gros projet a été cette campagne pour RUN&FLY. Depuis j’ai tout fait : de la carte de vœux à des panneaux publicitaires, des vêtements aux posters, en passant par des événements où je dessine en direct, pour des marques comme Monster ou Rolls Royce.

* Comment en es-tu venu à customiser un surf ?

Je fais du skate depuis que j’ai 12 ans, et j’ai toujours customisé ma planche d’une manière ou d’une autre. Je n’ai commencé le surf qu’à 20 ans, et je suis d’ailleurs toujours nul ! Comme j’habite au milieu de l’Angleterre, ce n’est pas facile d’aller régulièrement à la plage. Pour en revenir à cet événement Rip Curl, je travaille souvent avec Posca, et quand ils m’ont demandé si je voulais participer au GromsSearch, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai dessiné sur beaucoup de choses dans ma vie, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le faire sur un surf, c’était le moment venu !

* Tu utilises quel type de matériel ?

Quand je peins aujourd’hui, j’utilise n’importe quoi pour tracer. J’aime la peinture acrylique, mais je n’hésite pas à utiliser de la peinture murale ou même du polish pour voiture, si ça donne l’effet désiré. Et j’utilise aussi des Posca, pour le contrôle qu’ils offrent, et spécialement pour le tracé de lignes, qui fait vraiment partie de mon travail.






* Tu utilises beaucoup ton ordinateur ?

Je dirai que 80% de mon travail est réalisé sur ordinateur, mais j’aime beaucoup les 20% restant, et en avoir plein les mains. C’est idéal quand je peux mélanger les deux.

* Qu’est-ce qui t’inspire pour ton travail ?

J’ai grandis dans les années 80, j’ai été bombardé d’images et de publicités, de Space Invaders et de Pac Man, de skateboard et d’MTV. Je crois que tout ça a eu une grande influence sur ce que je dessine aujourd’hui. Et j’ai toujours beaucoup aimé la bande-dessiné, c’est sûrement pour ça que je me suis dirigé vers un dessin plus figuratif.

Il y a aussi mon quotidien qui m’inspire. Je peux conduire en ville et mes yeux analysent chaque publicité, panneau d’affichage, graffiti et les gens que je peux croiser. Et je suis inspiré par ma petite fille, elle voit le monde comme un immense terrain de jeu, et c’est une façon magnifique de voir les choses.

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