Dans la famille Inne, le fils


Nils a grandi dans le Sud-Ouest de la France, il a baigné dans la culture surf et skate depuis son plus jeune âge. C'est tout naturellement que le dessin et la création se sont imposés à lui, la perspective d'un cursus scolaire et cadré n'étant pas vraiment sa tasse de thé.

Depuis quelques années, il peint, dessine, sculpte, découpe, assemble, colorie et expose ; il peaufine son style, pratique le skate et milite pour la couleur. En voici un peu plus sur un jeune qui bouillonne d'idées, d'avenir et de projets.

 

 

* Comment tu découvres le dessins ? Qu’est-ce qui te pousse à en faire ?

Le dessin, j’ai un peu grandi dedans, vu que mon père usait déjà ses crayons sur tous supports, alors que je n’avais même pas encore fait mes premières dents ! J’ai toujours gribouillé, colorié, dessiné… seul et entre amis. Et puis un jour j’ai testé une toile, puis une autre… Mes parents m’ont toujours encouragé dans cette voie. La suite s’est donc écrite toute seule !
 

* Tu pratiques le skate et le surf, en quoi ça a influencé tes dessins ?

Je pratique plus le skate que le surf, certainement par contradiction paternelle, puisque mon père surfe aujourd’hui encore tous les jours ! Je ne pense pas que j’aurais pu me consacrer au dessin si je n’avais pas eu ce parcours un peu atypique que peuvent offrir ces disciplines. Et plus qu’une influence, c’est l’essence même de mon travail. Au début, on me disait que mes toiles étaient trop axées skate, qu’il y en avait trop, que c’était pas universel. Et puis finalement, malgré les skates, mes toiles ont plu à un public très hétéroclite.





 

Mes premiers acheteurs n’avaient ni le profil ni l’âge des amateurs de skate, mais ils ont trouvé leur compte dans mon travail. Aujourd’hui, mes œuvres sont toujours très marquées par cette discipline, mais j’essaie d’universaliser la chose. Je travaille en ce moment sur le thème de la ville-spot. Sans forcément dessiner des skates, j’en reviens toujours à la base : le skate.
 

* À quel moment tu as souhaité en faire ta vie ? Comment on prend une telle décision ?

J’ai pas vraiment eu l’impression de choisir ma voie, c’est plutôt elle qui s’est imposée à moi ! Les décisions, c’est pas vraiment mon fort… même si j’avoue avoir été profondément motivé après un petit passage en cuisine à l’étape « plonge ». A cause de mes chevilles pourries par le skate et de la « crise », j’ai un peu posé mes valises, ce qui m’a permis d’avoir plus de temps à consacrer à ma deuxième passion.

Le travail payant toujours à la fin, ça a fini par décoller, et par s’officialiser pour moi. Ceci étant dit, je ne sais toujours pas si j’en ferai ma vie. J’ai aussi longtemps hésité entre dresseur de chats et le bilboquet de haut niveau !




En fait, je préfère travailler au fur et à mesure de mes rencontres et des opportunités, essayer et tester, pour pouvoir évoluer et apprendre sans cesse de nouvelles techniques. Même si j’ai une identité visuelle forte, j’essaie sans arrêt de la faire évoluer. Je ne me sens pas prisonnier d’un mouvement artistique, d’une technique ou d’un style particulier. Je sais que tout ça évoluera, comme moi j’évoluerai à mon rythme et en fonction de ce que je vis !
 

* Quelles sont tes influences, ce que tu aimes, ce qui t’inspire ?

Un peu tout et n’importe quoi : un dessin d’enfant, une photo de skate, des artistes émergents ou des pointures comme Basquiat ou Keith Haring. Je m’inspire de ce que je découvre. J’ai été fasciné par le tableau Guernica de Picasso, que j’ai repris à toute les sauces, mais j’ai aussi été scotché par le travail des brésiliens Os Gêmeos, ou encore de Dave Kinsey.





 

Il y a des gens qui pensent que s’inspirer c’est copier. Moi je pense que c’est très hypocrite. Même une poubelle peut inspirer. On ne crée pas en étant enfermé, sans passion, sans envies… J’ai besoin de beaucoup d’images pour trouver la mienne. C’est comme ça.
 

* Tu peux nous parler de la custo de planches de de surf, et nous en dire plus sur la planche Fukushima, que tu as dessinée ?

Une planche de surf, c’est une surface lisse particulièrement agréable sur laquelle dessiner, et un grand format par rapport à une planche de skate. J’ai une petite préférence pour les planches en bois type évidée, peut être parce que ça me rappelle le skate… Mais surtout parce que j’ai eu l’occasion de bosser avec une fabrique artisanale de planches en bois qui n’était autre que mon voisin d’atelier ! Oui, j’ai un fâcheux penchant pour la facilité !





 

Le surf Fukushima, c’est un peu particulier. Ma copine à toujours été fan du japon, et j’ai découvert que les japonais pratiquaient le skate comme ils pratiquent n’importe quoi : complètement ‘hallucinamment‘ !

Quand la catastrophe nucléaire s’est produite, on a eu le droit à une déferlante d’articles sur le sujet, dont un qui parlait des surfeurs du spot. Ce drame m’a touché, et j’ai eu envie de créer une board pour eux, une board qui serait vendue aux enchères via le magazine Surf Session. C’était pas grand chose, mais bon, l’intention y était !

 

* La musique revient souvent dans tes images, elle est importante pour toi ?

C’est même bien plus que ça. Plus qu’une ambiance sonore, j’ai besoin d’une ambiance tout court ! Mon chat, la musique, mes livres, l’ordi a porté de mains – on ne sait jamais -, la télé… Après, il y a une phase d’adaptation qui peut durer plus ou moins longtemps en fonction de ce qui passe à la télé, et je finis par me lancer, mais sans savoir m’arrêter !

En bon skateur qui se respecte, je passe d’ailleurs un certain temps à chercher le son des dernières vidéos de skate qui m’ont plu ! Du coup je baigne dedans à longueur de journée !




* Tu as déjà collaboré avec Seb Daurel - skater illustre de Bordeaux, musicien à ses heures -, vous aller remettre ça ?

Des projets, on en a plein, mais le temps et la disponibilité pour les réaliser, c’est autre chose. On a fait coup sur coup deux expos : à Bordeaux, au skateshop Riot, et à Paris chez Auguste. C’était une super expérience, mais malheureusement, on n’a pas eu le temps de continuer notre petite virée artistique.

Seb bosse désormais au Hangar Darwin, une sorte de ruche éco-culturelle qui se monte en ce moment à Bordeaux, un projet qui lui colle à la peau !



 

Et de mon coté, j’ai enchaîné expos et productions diverses, qui ne m’ont pas vraiment permis d’envisager d’autres événements. Mais sur le long terme, c’est une autre histoire. D’ailleurs, je viens tout de même de lui consacrer le dernier épisode de la Rue Brique, une web-série réalisée tous les mois pour le magazine de skate SuGar.
 

* Quelles sont les dernières choses que tu as réalisées, et tes projets à venir ?

En ce moment, j’ai pas mal de commandes de toiles et mon planning de l’été est déjà bien rempli par les interventions et autres manifestations auxquelles je participe. Il y a notamment la journée sans télé à Linxe dans les Landes, le 30 juin prochain, le BIG festival à Biarritz du 19 au 22 juillet et les custos POSCA à Anglet.

Il y a aussi la mini web-série de la Rue Brique, un projet un peu branque, qui consiste à publier tous les mois un ‘dicton du skateur’, illustré dans les pages du magazine SuGar, et je fais aussi l’épisode explicatif, image par image (!), entièrement doublé par mes soins ! Bon, autant dire que le résultat est assez… déroutant !

Sur fond d’historique du skate, quelques ahuris à roulettes – inspirés de personnages réels – retracent l’évolution, les principales caractéristiques et clichés du skateur, des années 70 à nos jours. Je bosse sur le prochain épisode, donc est venu le temps de faire une petite courbette, et de vous dire bien l’bonjour chez vous !


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