Rémi Bertoche fait. Il est avant tout surfeur, il a gouté aux joies du circuit professionnel, qui l`a emmené très loin de son sud-ouest quotidien. Puis il a décidé de peindre, chaque jour et d`en faire sa vie. C`est l`activité qu`il a choisi, pour être libre, pour être heureux.

Il est à l`initiative de moult projets, il a une famille nombreuse, et une volonté de laisser sa trace. Pour en savoir plus, il y a une interview très complète [ICI]. Voici donc ce que l`on a retenu, de notre côté, de monsieur Bertoche, sa vie, son œuvre, son art…

* Tu peux nous dire comment se passe une journée classique pour toi ?

Une journée d’artiste n’est pas vraiment programmée, même si mon emploi du temps est chargé tout le long de l’année. Entre les tournées artistiques à préparer – je fais une centaine de dates par an -, plus le boulot pour le salon Glissexpo, sans oublier les commandes classiques, je te dirai juste que je ne dors pas beaucoup ! Et quand j’ai l’occasion de fermer l’œil, je pense aux projets futurs.

Mais c’est la flamme du moment, ça ne durera peut être pas. Regretter de ne pas avoir fait est la pire des situations pour moi, alors je fais…

* Tu dessines la mer et l’océan, c’est une manie ? un hommage ?

C’est de là où je viens, c’est ma base, mon idéal. Là où je me sens bien. Mais il m’arrive d’aller aussi explorer d’autres univers…

* Le surf est une grosse partie de ta vie, pourtant tu n’hésites pas t’orienter vers d’autres activités comme le golf, tu n’as pas l’impression d’être infidèle ?

Non pas du tout, je te dirais même que c’est lié dans certain domaine, dans le rythme notamment, tout est dans le rythme. Quand on est un surfeur, on reste un surfeur. J’ai la chance d’avoir un parcours de golf sur la route de mon home spot. Je vais voir l’océan, si ce n’est pas bon, je fais un golf. La priorité est au surf quand même !

J’essaye de me faire une heure au sunset ou à 6 heures du matin, ça me laisse ensuite la journée pour bosser.

* Le surf est un vecteur pour l’art et l’écologie, tu peux nous parler des tes inspirations ? Ta muse…

Ma muse, c’est ma Doudou, la femme que j’aime avec qui je vis depuis 14 ans maintenant. Elle est mon moteur et elle me suit dans mes envies et mes projets. Concernant mes autres inspirations et mentors, il y a loin devant tous les autres, Salvador Dali. Ensuite, je dirai Rick GriffinJohn Severson pour leur culture surf et leurs traits. Wyland pour les fresques murales, Lassen et Rietveld pour leur style.



J’aime bien aussi Phil Roberts et Ken Auster… C’est un peu difficile de tous les citer ! J’aime aussi rendre hommage aux Français, nous sommes trop souvent dans l’ombre alors que nous n’avons rien à envier aux autres, François Lartigau est un ami et un personnage que j’aime beaucoup. Il y en plein d’autres…

* Qu’est ce qui est le plus important : le support ou le dessin ?

Comme a dit Alfred de Musset : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». Le support importe peu à partir du moment où on a envie de créer, de faire des choses. Je pourrais peindre avec mes mains et de la boue sur un mur blanc. Bon, parfois il faut reconnaitre qu’une belle toile bien tendue et des belles couleurs facilitent l’histoire, mais ce n’est pas le plus important.

Pour moi, l’envie et le rêve sont des moteurs qui me font me lever le matin, c’est de là que ça part. Ensuite tout n’est qu’adaptation aux éléments. Je ne suis pas un marin pour rien…

* La musique semble aussi un élément important de ta vie, tu peux nous en dire plus ? tu travailles en musique ? elle t’accompagne dans ton art ?

Je ne suis pas un musicien mais je dois dire que les « duos » que nous faisons en live avec l’ami Tom Frager, Riton et la bande, me plaisent bien. Et ça a beaucoup plu au public. A partir du moment où les gens sont ravis, je suis content. Moi, je suis très Rock & Roll, mais de là à dire que ça accompagne mon art, non !

* La dernière question : si tu devais choisir entre le surf et le dessin ?

Je n’ai pas à choisir, les choses t’habitent ou ne t’habitent pas. Elles sont le fruit de mon être. Je te dirai donc le surf quand il n’y a pas de papier ; et le dessin quand il n’y a pas de vagues. L’avantage c’est qu’avec une feuille de papier, on peut faire une vague…

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> 5 illustrateurs

Yann Renauld, John Severson, François Lartigau, Titouan Lamazou et Hergé, dans le désordre…

> 5 surfeurs

Occy, Curren, Pott’z, Machado et Archy ; mais il y a en a plein d’autres. Le surfeur est un tout pour moi. J’aime les personnages charismatiques, ceux qui ont un style et qui dégage quelque chose. Dans les frenchies, j’aime bien Duru, Duvi, Bourez, Robin et Maud Le Car.

> 5 pays pour surfer

L’Islande, car c’est le trip qui m’a procuré le plus d’émotions, avec ma douce et mon pote photographe qui a immortalisé tout ça, Eric Chauché. Ensuite je dirai : Hawaï, L’Australie, L’Afrique du Sud et l’Indonésie… et d’autres que je garderai pour moi !

> 5 outils pour dessiner

Des couleurs, des pinceaux, des couteaux, un sceau avec un peu de liquide et une toile bien tendue… comme une vague, bien tendue !