« Je m'appelle Thibaut Paruite a.k.a SPOE, je vis et travaille à Biarritz, diplômé de l'école d'art du Havre en design graphique, je mène une activité d'artiste, et la direction d'un studio de création. Passionné par l'image, le marquage et la découverte... »

Pas facile de coincer SPOE pour recueillir des informations. Il est constamment en mouvement, sur sa planche de surf, ou alors en train de peindre à l'autre bout du monde. Après un harcèlement à la limite du raisonnable, il nous en a expliqué un peu plus sur sa démarche.


 

Pourquoi avoir choisi ce surnom, SPOE ?

SPOE, c'est un pseudo gardé de l'épopée graffiti, il signifie Specific Point Of Entry, sous entendu « l’œil ».
 

Comment décide-t-on, et à quel moment, que le dessin deviendra sa vie ?

Je viens du graffiti et d'une école d'art, et de fil en aiguille je suis entré dans une école de design graphique et ses variantes ont pris le pas, puis la continuité... tout s'est fait tout seul. Je n'ai pas l'impression d'avoir pris une décision à un moment précis. Aujourd’hui je jongle entre les médiums, et finalement c'est le fil conducteur de ma vie.
 

Quels ont été tes premières inspirations ? et celles d'aujourd'hui ?

Ce sont toujours les mêmes : l’environnement qui m'entoure, les maîtres de la peinture, et ceux du Pop art, la folie des grandes villes et le calme de la plage en hiver.
 

Le surf fait partie intégrante de ta vie, tu crois que le Surf art existe, ou c'est un abus de langage ?

Il existe, c'est un fait, mais je ne trouve pas cela pertinent comme courant. Disons que si des gens aiment à représenter du surf, et à nommer cela Surf art, pourquoi pas. Pour ma part, je suis artiste et je pratique le surf. Deux inspirations bien distinctes, dont seule ma personne est l'espace commun.
 


Il semble que tu te diriges de plus en plus vers l'abstraction. C'est difficile de faire accepter son art, alors que tu pourrais dessiner des super-héros...

Je travaille sur l'accident graphique et la répétition en ce moment. Je pars de lignes et d'éléments très construits graphiquement, ensuite je coupe, je copie, je colle ; tout en laissant une grande part à l'instinct et à la théorie du « why not? » [Théorie du pourquoi pas – ndlr.]




 

« Laissons le spectateur ressentir. »


L'abstraction, ça représente quoi pour toi ?

De l'instinct, et de la liberté je pense, mais surtout une histoire, celle du peintre. Je trouve l'abstraction très personnelle.
 

Tu veux transmettre un message via tes peintures, ou le spectateur doit s'imprégner et ressentir ?

Laissons le spectateur ressentir. Il y a plus d'histoires et d'indications sur ma personnalité dans mes peintures qu'un véritable message.
 

Quels sont les médiums que tu utilises ?

Design graphique, peinture, sérigraphie, photographie. Ce qui lie le tout et qui me tient à cœur est l'équilibre recherché dans la finalité de l'image.
 

Tu as beaucoup dessiné sur des planches de surf, tu penses que tu as eu une étiquette collée sur le front à un moment ?

Je dessine surtout sur mes planches perso, c'est un simple désir de customisation... J'en suis même maintenant à shaper et réaliser mes planches dans leur totalité. Je ne pense pas avoir d'étiquette collée par rapport à cela, sautant d'une activité à l'autre.
 


Tu habitais Paris, qu'est-ce qui t'a poussé à aller habiter Biarritz ?

En fait, j'ai aussi habité Rouen, puis Le Havre, mais j'ai toujours été attiré par la région du Pays basque. Mon diplôme en poche, en 2002, j'y ai cherché du travail et m'y suis installé.
 

Comment se porte la scène artistique là-bas ?

Il y a une bonne scène créative, elle se développe de plus en plus. Nous ne sommes qu'à une heure d'avion de Paris, une heure et demie de Londres et aux portes de l'Espagne, c'est un endroit stratégique pour un créatif.
 

Pour finir, tu as surfé aujourd'hui ?

Non ! trop de vent du sud. Il y a des jours sans, qui font apprécier les jours avec, hier et demain en somme...